Louis Alibert, le 4 septembre 1943



Beset al paragrafe 6 - lous numeros sou d'Alibert - que "lo Mèstre" de
l'IEO prouclamo EL MEME coumo uno glorio qu'es militant del group
COLLABORATION. Aco's dounc uno SOURGO de touto prumiero mo.

Mes Alibert el meme es censurat a l'article "Groupe COLLABORATION" de
Wikipédia.

Joan-Frances Blanc es mai reialisto que lou rei, o puleu mai nazi-
cassoulet que "lo Mèstre" des nazis-cassoulet.


Monsieur le Préfet,

Vous savez qu'à la suite d'une démarche de la Société d'Etudes
Occitanes appuyée par Mr H. Garel, professeur à la Faculté des
Lettres, il a été question d'organiser un cours de langue d'oc moderne
auprès de cette Faculté. Sur le conseil de Mr le Doyen, une subvention
a été demandée au Bureau du Régionalisme de votre Préfecture.

Répondant aux instances de Mr Garel et de mes amis, j'ai accepté, à
mon corps défendant, de poser ma candidature à cette place, car mes
occupations professionnelles et mes études personnelles ne la
rendaient guère agréable pour moi. Or je viens d'apprendre d'une
source très sûre que ma candidature était écartée pour des raisons
politiques.
Cependant, puisque je suis incriminé de je ne sais quel démérite
«politique », il est juste que je vous expose en détail ce que je suis
à ce point de vue particulier :

1° Dès ma jeunesse, j'ai fait de l'opposition au régime radical-
socialiste à Bram où je suis né, et à Montréal où j'exerce ma
profession. Ce qui m'a valu beaucoup d'avanies et de pertes d'argent.

2° J'ai été candidat aux élections municipales qui ont suivi la guerre
de 1914 contre les radicaux-socialistes.

3° Depuis 1918, je suis abonné à l'Action Française et j'ai fait
partie de la Ligue d’A.F. en qualité de sympathisant et de Ligueur.

4° Blessé de guerre et médaillé militaire de l'autre guerre, j'ai
demandé mon maintien dans les cadres et j'ai été remobilisé à la
dernière.

5° En compagnie de Mr Maurice Blanc et en qualité de secrétaire, j'ai
fondé la section locale de la Légion des Combattants. de Montréal et
j'ai été exclu du comité, car j'étais en désaccord complet avec le
Président Départemental Caillard parce que je voulais faire de notre
section une véritable association de combat et de défense de la
Révolution Nationale (ce qu'est aujourd'hui la milice).

6° Actuellement, je suis avec six ou sept de mes amis parmi le petit
groupe de fidèles à la politique du Maréchal et du Président Laval. Je
suis inscrit au groupe « Collaboration » depuis deux ans. Si ces
opinions sont subversives, Monsieur le Préfet, je n'ai plus rien à
dire. S'il en est autrement, je vous demanderais non ma nomination au
poste de chargé de cours à la Faculté, car cela m'intéresse
médiocrement, mais un peu plus de justice du côté officiel pour la
Société d'Etudes Occitanes qui existe et qui compte autant et plus que
d'autres.

Louis Alibert, le 4
septembre 1943

Christian Faure
Le projet culturel de Vichy

Presses universitaires de Lyon
Ed. du CNRS 1989 336 p.
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