Re: Aux grands interprètes de la France



22:26, Un gascon <un.gas...@xxxxxxxxx> wrote:
On 14 jan, 20:15, Cordelas <j.dour...@xxxxxxxxxxxxxx> wrote:

Passer de chabra à chèvre est tout de même plus "révolutionnaire" que
de passer de cabra à chabra

En quoi ? C'est purement subjectif. Socio-linguistiquement, il va sans
dire que pour tout français, il y aura moins d'écart entre "chèvre" et
"chabro" qu'entre "chèvre" et "crabo". Linguistiquement, entre cabra
et chabra, il y a une palatisation c +a toute entière définitoire d'un
vaste ensemble gallo-roman (sauf dans les terres voisines de la
Flandre moderne). Entre chèvre et chabra, il y a une diphtongue et une
hésitation sur le devenir du groupe latin -pr-.

En quoi ? Compte le nombre de changements phonétiques pour ce lemme et
les implications phonologiques et tu comprendras.
Le passage de chabra à chraba est phonologiquement impossible à cause
de la palatale initiale.

et je ne parle même pas de cabra à craba,
phénomène de métathèse on ne peut plus commun.

Si c'est si commun, pour quelle raison le phénomène est-il cantonné et
généralisé en Gascogne et Sud-Languedoc ? Qu'entendent les Limousins
pour dire "chraba" ?

En Piémontais, on retrouve exactement le phénomène "craba".
La métathèse, tu le sais, est un phénomène commun. Pour cabra/craba en
occitan, tu limites le phénomène à ton "pays" mais je suis persuadé
que cela se produit ailleurs dans le domaine d'oc. On ne connait
jamais tous les parlers.
Question subsidiaire : Dit-on lo vèspre ou lo vrèspe chez toi ? ou
autrement encore ?


Qui te dit que je n'ai jamais regardé une carte de l'évêché de
Périgueux ?

Ton absence totale d'utilisation d'arguments lumineux de la sorte dans
des discussions précédentes sur la différenciation Saintonge-Angoumois
et Limousin.

blablabla, ce n'est pas linguistique quoi qu'il en soit. Evites de
sombrer dans l'unicitaire, c'est tout.

Il y a quelque chose de populo dans cette idée que tout est censé se
recouper. La réalité est autrement complexe.

Qui te dit que ce n'est pas complexe ? Tu trouves que c'est simple
l'histoire des divisions administratives depuis l'Antiquité ?

Cela flatterait tellement l'intellect qu'entités administratives,
géographiques, religieuses, économiques... et linguistiques se
recoupent dans un monisme.

Mais oui, évitons l'élégance des raisonnements et enfermons-nous dans
le mysticisme linguistique. Allez hop, va lire Bec. Des démonstrations
brillantes sur l'influence du réseau hydrographique dans la
propagation de traits linguistiques, en conformité avec la persistance
de micro-entités géographiques et administratives. D'ailleurs, c'est
clair, le dialecte limousin n'a aucun rapport avec la structure
géographique du Limousin. Et d'ailleurs, si en Périgord, on parle des
dialectes guyennais en vallée de la Dordogne, comme par hasard
anciennement comprise dans l'évêché de Sarlat et non celui de
Périgueux, c'est le hasard.


L'élégance n'a rien à faire ici. Libre à toi de juger ce que tu veux
élégant ou inélégant, c'est ton problème mais ça n'a rien à foutre
ici. Les limites ne se recoupent pas systématiquement, "ainsi soit-
il".



Allons, renoncer à l'absolu est une condition préalable à toute
démarche critique.

Quel absolu ? Tu as peur de quoi ? D'oser fournir des explications
interprétatives ? T'as pas de courage intellectuel ? T'as pas de
théories ? Tu connais ton Limousin natal par coeur et à chaque instant
de ta vie, tu ne peaufines pas des mécanismes intellectuels qui un peu
plus chaque fois, te font mieux comprendre encore ton pays ? Et bien
moi je fonctionne comme ça. Chaque jour je réfléchis en grand amateur
à la moindre gasconnité du Médoc, à la ligne de fracture du Bassin
d'Arcachon, à la frontière entre Foix et Couserans et à l'influence de
la vallée de la Lèze, à l'histoire des Béarnais anciennement
dacquois, ...

Fais de même, il y a des chantiers énormes en Gross Limousin :
expliquer la dichotomie de l'Angoumois par exemple.

Les montagnes mêmes n'ont que rarement empêché les échanges humains et
entre autres, sûrement pas le Massif Central ni les Pyrénées.

Jusqu'à preuve du contraire, quand le Massif Central s'achève et qu'on
tombe sur le plateau berrichon, on change comme par hasard d'univers
linguistique. De même, il me semble qu'entre le gascon d'Urdos et
l'aragonais de Canfranc, il y a quelques différences ...

Le courage, c'est de renoncer à vouloir faire coïncider ses a priori
avec la réalité observable, c'est tout, c'est autrement plus courageux
que de se réfugier par soif d'absolu dans des divisions relatives par
définition. Cela ne signifie pas qu'on ne puisse corréler des données
mais qu'on aurait tort de croire en une "logique" de fait.
En Angoumois et dans le Confolentais, espaces linguistique,
administratif, diocésain, géologique ne coïncident pas. J'ai voulu
penser comme toi il y a de nombreuses années. L'observation directe
m'a démontré le contraire. Il n'y a pas superposition des "strates".
Par exemple, la limite du massif hercynien n'est en rien une limite
linguistique. Les parlers confolentais la dépassent allégrement. Je te
défie de me trouver un trait linguistique qui la suive.
.



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