Re: Entà ua bona hartèra
- From: Cordelas <j.dourdet@xxxxxxxxxxxxxx>
- Date: Fri, 1 Jan 2010 15:02:21 -0800 (PST)
Encore un peu de provoc. de notre Gascounet préféré ; c'est tellement
grotesque que cela en devient risible.
Gascon, as-tu seulement idée de la forme orale autochtone à laquelle
peuvent se rapporter ces toponymes francisés ?
Faire de la toponymie in abstracto m'a toujours paru d'une suffisance
et d'un pédantisme.
Enfin, tu n'es pas sans savoir qu'il n'y a qu'aux indigènes qu'on
puisse se fier pour traiter convenablement de microtoponymie.
Prenons quelques exemples :
le pâtural (lo pastural/le pastural)
En général, on dit, et trouve en limousin [pa:turaw] (pasturau) ; cela
ressemblerait étonnement à une forme du Bas-Limousin. On peut faire
l'hypothèse d'une réalisation [pa:tura] dans le Croissant. Qu'on le
retrouve ailleurs sous une forme voisine, ce n'est pas impossible. Des
évolutions parallèles d'idiomes romans peuvent donner des résultats
semblables. Il faut tout de même multiplier les points de
comparaisons, et ne pas se fier qu'aux toponymes écrits francisés pour
se faire une idée quant à une zone microlectale.
Après tout, il existe de nombreux termes identiques ou très voisins en
oc et en français, l'oc n'est pas pour autant du français.
Bréjaud [bredjaw]/brejau est 100% nord-oc : lande de bruyères, de
breja/bruja (bruyère) ; équivalent de qqc comme brugal/bregal* si
forme attestée en occitan méridional. On trouve aussi brugierau.
En quoi Chanteranne (Chantarana) serait-il moins occitan que
Canteranne ? Au passage, Chant- provient plutôt de KANT- que de
"cantar"
Quoi qu'il en soit, on peut attester de palatalisations dans les
textes mêmes des troubadours, à moins de penser que ch- notait [k].
J'en doute. Vive Bernat de Ventador, vive Gaucelm Faidit, vive Bertran
de Born, Arnaut de Maruèlh, Giraud de Bornelh, Jordan Bonel...
Elle a bon dos la palatalisation.
A suivre ce raisonnement, le picard en [k] ne serait donc pas de la
langue d'oïl ?
Je sais, on me dira que le phénomène phonétique au nord de l'oïl n'a
pas la même justification qu'en occitan mais franchement, se limiter à
un trait pour distinguer un idiome d'un autre...
Montchauvon : a priori [mounchauvou] ou [monchauvou] même si je
concède que dans ce nord creusois, on doit pouvoir trouver
[monchauvon] ; montcalvet que tu évoques aurait pour équivalent strict
limousin montchauvet [mountsowvé] ; je ne serais pas étonné que ce
toponyme puisse se trouver ici ou là. Les diminutifs en -ou, quelles
merveilles, c'est ce qui fait tout le charme du limousin. Jantou,
Jantounet, Janettou, Louisou, Lisou, asirou, ânissou, Teresou parfait
pendant de -et, très utilisé également ; Lionet, Lionetou, Lionassou,
Lionassounet...
Marcibeau, ça me fait penser à tous ces noms qui sont passés au crible
du français ; il ne faut pas s'y tromper, le forme de ces noms, sauf
provenance extérieure au limousin, c'est -eu, -el...
Moreau, c'est Moreu, Morèl ; Bournazeau, c'est Bornaseu, Bornasèl...
Le -eau, c'est une adaptation française.
Prébourgnon : je ne suis pas surpris de trouver pré dans le nord de la
Creuse. Oui, le français n'est pas loin.
Habituellement, c'est prat/prada en limousin. En Auvergne, on trouve
aussi la forme pré hors Croissant.
Sinon même remarque que précedemment, on ne catégorise pas un parler
d'après un ou deux traits.
Je vous invite à consulter l'ouvrage suivant :
QUINT, N. Grammaire du parler occitan nord-limousin marchois de
Gartempe (Creuse). Limoges : La Clau Lemosina, 1996, 230 p.
QUINT, N. Le parler marchois de Saint-Priest-la-Feuille (Creuse).
Limoges : La Clau Lemosina, 1991, 50 p.
On 1 jan, 21:52, Un gascon <un.gas...@xxxxxxxxx> wrote:
J'avais seulement mis en avant que ces formations limousines ne
sonnent pas "occitanes". Mais puisque tu ne veux rien comprendre :
c'est ici qu'on cherche d'abord.
http://www.geoportail.fr/visu2D.do?ter=metropole
- Le Pâtural : 4 attestations en France, une à Vocance en Ardèche
arpitane, deux autres dans le département de la Loire, une dernière
dans le Puy-de-Dôme entre Ambert et Saint-Etienne.
- Le Bréjaud : évidemment, tu ne tiens pas compte du fait que tous les
dérivés sur cette base sont en "Pictavie" : La Bréjaudais en Loire-
Atlantique, La Bréjaudière en Vendée, Les Bréjauds à Availles-
Limouzine dans le Poitou (marchois).
- Les Chiers : toponyme alverno-limousin concentré en Creuse et dans
le Velais.
- Chanteranne : toponyme limousin, équivalent de Canteranne en vraie
Occitanie.
- Rebouyer : toponyme limousin
- Marcibeau : attestation unique à Genouillac, une famille noble du
coin s'appelle Biarnois de Marcibaud.
- Montchauvon : attestation à Echimiré en Anjou. Façon, ça signifie
juste "petit mont chauve". Quelque chose qu'en vrai oc, on dit
Moncaubet/Moncalbet.
- La Chaussetière : avec ce suffixe, c'est en effet la seule
attestation. Par contre, "La Chaussetrie" dans l'Indre, "La
Chaussetterie" près d'Issoudun, idem dans le Maine-et-Loire près de
Chalonnes.
- Prébourgnon (écrit comme ça sur la carte IGN) : c'est bien le pré
d'un dénommé Bourgnon, pré est une forme oïlique, Bourgnon un
patronyme creusois de distribution oïlique en toponymie également.
- Beaufond : oui sauf qu'écrit "Beau Fond", seulement des attestations
en Arpitanie.
J'en rajoute d'autres :
- Les Charderies : une attestation en pays gallo, deux en Bourgogne.
- Les Mousseaux : super-oïlique
- Les Fromenteaux : limousino-poitevin
- Verrines : oïlique et limousin
.
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