HAITI -- Education -- Pallier à la carence d'enseignants





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ÉDUCATION / Pour pallier à la carence d’enseignants

Par Jean Panel Fanfan

fanfan@xxxxxxxxxxxxxxxx

Le manque de professeurs est l’un des facteurs qui limitent le
processus de scolarisation de plus de 400 000 enfants haïtiens, selon
les responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la
Formation professionnelle (MENFP). Pour remédier à cette situation,
les responsables ont annoncé la mise en place d’un nouveau système qui
devra permettre à davantage de professeurs d’intégrer les salles de
classe : l’Initiative de formation accélérée (FIA). Le titulaire du
MENFP, Gabriel Bien-Aimé, a, au cours d’un point de presse, hier,
informé des grandes lignes de cette initiative.

Gabriel Bien-Aimé a tenu à préciser que la FIA est un projet de l’État
en rapport avec le Document de stratégie nationale pour la croissance
et pour la réduction de la pauvreté (DSNCRP). Il y voit un moyen
efficace de surmonter certaines difficultés auxquelles est confronté
le système éducatif national. Expliquant que seulement 700 professeurs
sortent diplômés de tous les programmes de formation chaque année, il
a indiqué qu’« à travers la FIA deux problèmes vont être résolus : le
manque de professeurs et la qualification des maîtres d’école ». Le
ministre a précisé que, tenant compte de la situation actuelle, le
système éducatif national accuse, chaque année, un déficit de 4 000
professeurs.

La FIA, qui s’étendra sur une période de cinq ans, coûtera au total
près de 3 milliards de gourdes et sera financée par le Trésor public à
hauteur de 75 % et les 25 % restants par des bailleurs internationaux
dont la Banque mondiale. « Cela démontre l’importance accordée par le
gouvernement à ce projet », a souligné le ministre. Les postulants
auront à subir une année de formation théorique et deux années de
stage entrecoupées de cours théoriques. Les jeunes maîtres iront
dispenser leur savoir au niveau du préscolaire jusqu’aux deux premiers
cycles du fondamental.

Le ministre Bien-Aimé a mis l’accent sur plusieurs exigences de la
FIA : les postulants devront boucler leurs études secondaires ; les
institutions d’enseignement supérieur seront impliquées dans le
processus ; les postulants devront être originaires de l’endroit où
fonctionne une branche de la FIA et enseigneront dans la région ;
selon leurs résultats après un test d’évaluation, ils recevront un
diplôme ou un certificat. À terme, les responsables tablent sur la
formation de 13 500 maîtres au cours des cinq prochaines années. Et la
sélection se fera sur base de concours.

Durant la période de formation, « ces jeunes auront à leur disposition
du matériel didactique leur permettant de parfaire leur apprentissage.
De plus, ils auront droit mensuellement, la première année, à une
allocation de 5 000 gourdes, laquelle sera augmentée au cours de la
deuxième année », a précisé le ministre. La première phase de la FIA
débutera en septembre prochain.

Jacques Yvon Pierre, directeur de la Formation et du Perfectionnement
au MENFP, a pour sa part apporté les précisions suivantes : « Il y a
d’abord eu un ensemble d’ateliers de formation et des études ont été
réalisées par une firme canadienne. Une présélection des instituts
supérieurs qui vont être nos partenaires a déjà été réalisée ».
Signalant la mise en place de plusieurs commissions pour la mise en
œuvre de l’initiative, Jacques Yvon Pierre a indiqué que le processus
d’inscription sera bientôt lancé ainsi que l’étude des dossiers des
candidats.

LE MATIN jeudi 8 mai 2008
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