Haiti -- Economie -- Ambassadrice USA -- Optimisme prudent
- From: "Annette" <len.annette@xxxxxxxxxxxx>
- Date: 2 Apr 2007 09:12:12 -0700
Copie d'un message reçu :
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*Relance économique en Haïti, Janet Sanderson « prudemment optimiste
»
Haïti Press Network Posté le 1er avril 2007*
L'ambassadeur des États-Unis en Haïti Janet Sanderson a reçu vendredi
en sa résidence des journalistes de médias de Port-au-Prince avec qui
elle s'est entretenue durant plus d'une heure des relations
économiques de son pays avec Haïti.
Économiste de formation, Janet Sanderson a avoué, d'entrée de jeu, son
grand faible pour les sujets économiques : « je suis une passionnée de
sujets économiques. » Elle a souligné les indicateurs économiques
positifs des neuf premiers mois du gouvernement Préval-Alexis, nous
parle des opportunités offertes à Haïti dans le cadre de la loi Hope
nouvellement approuvée par Washington, ainsi que des défis à relever
pour attirer l'investissement privé américain.
L'ambassadeur des États-Unis apprécie notamment la diminution du taux
d'inflation, une plus grande stabilité du système bancaire, une
politique fiscale gouvernementale qui fonctionne bien ainsi que
l'augmentation des transferts de la diaspora haïtienne. « Ces
indicateurs économiques montrent qu'il y a quelque chose qui bouge. Il
bouge doucement mais il bouge quand même », a-t-elle commenté.
Parmi les « signes encourageants » envoyés par le gouvernement Préval-
Alexis, Janet Sanderson cite d'une part, le fait que « le Président et
le Premier Ministre haïtiens sont ouverts aux idées de réformes
économiques », et d'autre part, la bonne santé des relations entre
secteurs public et privé : « le secteur privé et le gouvernement ont
des dialogues ouverts en ce qui concerne les besoins du secteur privé
et les priorités gouvernementales. »
Mme Sanderson a reconnu que le gouvernement se trouve confronté à un
important dilemme : « renforcer le système économique tout en
répondant aux besoins immédiat du peuple haïtien. » Toutefois, elle a
assuré du soutien des États-Unis et de la communauté internationale.
A un journaliste qui voulait savoir comment les relations entre les
deux pays pourraient plus porter sur la coopération en lieu et place
de l'assistance qui les caractérise jusque-là, la diplomate a fait
remarquer que les conditions basiques à l'investissement ne sont pas
tout à fait réunies en Haïti.
Janet Sanderson indique que « la principale préoccupation des hommes
d'affaires américains » avec qui elle a eu des échanges « c'est la
question de sécurité ». « J'ai passé la plupart de ma carrière dans
des pays qui ont des problèmes de sécurité : je peux vous dire qu'il
n'y a pas de sécurité parfaite. Comme vous le savez, pas même chez
nous : nous étions attaqués... Mais je pense avec quelques petites
améliorations de la situation sécuritaire et s'il y a d'autres aspects
qui marchent bien, ça fera un équilibre. S'il y a quelques « business
» à faire ici, les +businessmen+ viendront », a soutenu Mme Sanderson.
Du nombre des défis à relever par Haïti pour attirer l'investissement
étranger, Janet Sanderson a mentionné la question de l'énergie et des
infrastructures de base, la mise en place d'un système économique
transparent et l'établissement d'un système judiciaire qui marche. «
Que les modes d'entrées et de sorties du marché soient clairement
établis, bref que les règles du jeu soient bien connues. » Mme
Sanderson pense aussi qu'Haïti doit envoyer des signaux clairs aux
investisseurs qu'elle est décidée à rompre avec son passé de
bureaucratie et de corruption.
En ce sens, les États-Unis apportent leur appui à travers la création
d'un « one stop shop », un bureau installé dans le ministère haïtien
du Commerce appelé à contourner les obstacles de la bureaucratie et à
écourter les démarches pour la création d'entreprises. Processus qui
traînait plus de 200 jours auparavant, rappelle la diplomate.
En guise de coopération économique en cours, Madame Sanderson a cité
les relations commerciales existantes entre Haïti et les États-Unis. «
Nous sommes un partenaire commercial très important pour Haïti, nous
avons un commerce de près de deux milliards de dollars. Nous avons
actuellement des programmes qui sont en train d'identifier les marchés
[de] niche pour les produits haïtiens y compris la mangue et le café.
En ce moment on peut acheter le café haïtien à Bloomingdale à New York
à prix premium. »
Au passage, la diplomate a mentionné le transfert annuel de près d'un
milliard de dollars de la diaspora haïtienne des États-Unis. Mais
concernant l'investissement privé américain en Haïti, elle a cité
symboliquement « la Citibank, l'American Tobacco et la American
Airlines ».
« La relation d'assistance va continuer parce que les besoins sont si
énormes ici. Mais vous avez raison, il nous faut trouver les moyens de
renforcer, d'encourager les liens commerciaux, de renforcer les liens
bilatéraux, d'encourager davantage l'investissement, d'encourager la
diaspora qui a bien réussi chez nous et de trouver les moyens de faire
une relation économique un peu mieux équilibrée. Mais je pense que
c'est un rêve pour l'avenir. Nous sommes tous conscients des grands
chantiers ici en ce moment et c'est difficile pour moi d'imaginer
Haïti sans l'assistance des États-Unis dans un avenir proche », a
admis la diplomate.
Concernant la loi Hope, qui facilite l'exportation de textiles
haïtiens sans frais de douanes aux États-Unis, Janet Sanderson précise
que c'est « une fenêtre, une porte ouverte à l'industrie haïtienne,
mais c'est au secteur privé et au gouvernement haïtien d'en profiter,
de trouver les moyens de l'utiliser. Parce qu'il ne revient pas à nous
de tout faire. » Elle s'est dit toutefois « optimiste, parce que je
vois que le secteur privé et le secteur public travaillent très bien
ensemble sur ce sujet. »
Précisant que le rôle des États-Unis va se limiter à l'assistance
technique en vue de renforcer les structures haïtiennes relatives à
l'application de Hope, Mme Sanderson a rappelé que « c'est au secteur
privé haïtien de trouver les contrats. C'est au gouvernement et au
secteur privé de définir les objectifs ». Elle dit rester « optimiste
sur le fait que la loi Hope va favoriser, comme souhaité, la création
d'emploi en Haïti. »
Janet Sanderson a certainement rappelé l'engagement des États-Unis à
décaisser plus de 500 millions de dollars pour Haïti sur les trois
prochaines années. Cette aide qui tient compte des « priorités
gouvernementales » sera affectée entre autres à l'éducation, la santé
(dont un montant spécial à la lutte contre le VIH-sida). L'aide prend
en compte également le renforcement institutionnel (la police et la
justice), la bonne gouvernance ainsi que le développement de projet à
impact rapide dans des zones défavorisées d'Haïti, comme Cité Soleil
et Solino.
Finalement l'ambassadeur des États-Unis a expliqué son optimisme
prudent quant à la relance économique d'Haïti : « Je suis prudemment
optimiste parce que je ne pense pas que nous ayons encore atteint le
point où les améliorations sont irréversibles. Nous ne sommes pas au «
tipping point ». Il y a des indicateurs positifs, il y a une volonté
politique claire, le secteur privé est plus positif, il y a des
améliorations dans la situation sécuritaire [...] Il y a des indicateurs
économiques positifs, vous avez un leadership, un Président avec une
vision pour le pays. Mais il nous faut être franc : il y a des défis
énormes. J'espère que l'on continuera à progresser », a-t-elle conclu,
saluant au passage « les efforts de la PNH en ce qui concerne
l'arrestation d'Evens (Ti kouto) parce que il y a des gens qui
pensaient que c'était impossible »
.
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