Haiti -- Minustah-- MULET-- Secteur mafieux et durée de la mission



Copie d'un message reçu :
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JUSTICE/CORRUPTION / Edmond Mulet dénonce l’existence d’un « secteur
mafieux en Haïti »

par Marc-Kenson Joseph
jmarckenson@xxxxxxxxxxxxxxxx



La communauté internationale a les yeux rivés sur Haïti. Notamment,
les organisations de droits humains toujours prêtes à monter au
créneau pour dénoncer les cas de corruption dans le secteur judiciaire
haïtien. Sans verser dans les détails, le numéro un de la mission
onusienne en Haïti, le Guatémaltèque Edmond Mulet, déclare au micro de
Radio France internationale (RFI): « il y a un secteur mafieux en
Haïti ».

Le chef de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti
(Minustah) répondait à des questions relatives à la récente opération
militaire menée à Cité Soleil par les Casques bleus. Selon Edmond
Mulet, « il y a un secteur mafieux en Haïti » qui entrave le processus
démocratique. Edmond Mulet n’a pas versé dans les détails relatifs à
cette affirmation.

Edmond Mulet en a profité pour indiquer que, pour l’année 2007, « les
Nations unies soutiendront la réforme judiciaire en Haïti ».
Néanmoins, souligne-t-il, «les lois sur l’École de la magistrature,
son statut et son Conseil doivent être adoptées dans les prochaines
semaines par le Parlement. C’est la base nécessaire pour constituer le
système. Sinon, les institutions auront beaucoup de difficultés à
mettre en œuvre la réforme judiciaire ».

Edmond Mulet a insisté sur le fait que l’adoption de ces lois
facilitera la collaboration entre certaines institutions, des
bailleurs de fonds et le gouvernement par l’intermédiaire du ministère
de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP).

Le chef de la mission onusienne a vanté la compétence et l’honnêteté
des membres du gouvernement tout en déplorant cependant l’absence de
cadres dans le pays. « Les membres du gouvernement sont tous d’une
haute qualité morale et intellectuelle. Ils font des efforts énormes
pour faire face à la contrebande, la corruption, l’évasion fiscale et
l’impunité. Mais, il n’y a pas de cadres en Haïti.. Le gouvernement
manque de cadres, de fonctionnaires, d’experts pour mettre en place la
plupart des actions qu’il voudrait réaliser », estime Edmond Mulet.

En effet, selon un rapport de la Banque mondiale, 83% des cadres
haïtiens seraient en terre étrangère à la recherche de meilleures
conditions d’existence.

Le mandat de la Minustah

Le chef de la mission onusienne a également apporté des précisions
quant au mandat de la Minustah qui prend fin ce 15 février. Réagissant
à la déclaration de l’ambassadeur brésilien en Haïti, Jao Pinto,
supputant que « les Casques bleus brésiliens déployés en Haïti
pourraient y rester jusqu’à la fin de l’année 2011 », Edmond Mulet,
explique que « la mission doit modifier sa composante de l’aspect
militaire à une présence plutôt policière et de développement. Mais,
on verra comment les institutions haïtiennes commencent à assumer
leurs propres responsabilités ».

« Il est très difficile de prévoir combien d’années les Nations unies
devraient rester en Haïti. Mais, je crois qu’il y a une décision au
niveau international pour le long terme », informe Edmond Mulet
rappelant que la communauté internationale est intervenue pour cause
de retrait anticipé, environ huit fois durant les vingt dernières
années en Haïti.

Edmond Mulet croit qu’un nouvel retrait anticipé serait une erreur et
obligerait la communauté internationale à intervenir en Haïti dans le
futur. « Il faut vraiment profiter de cette grande fenêtre
d’opportunités que présente la stabilité politique dans le pays pour
le faire avancer », conclut le Guatémaltèque.
Hier lundi, en marge de la fin du mandat de la Minustah, Lima, la
capitale du Pérou, devait accueillir une « réunion des pays latino-
américains engagés au sein de la Minustah ». Mise à part une analyse
de la situation qui prévaut en Haïti, les vice-ministres des Relations
extérieures et de la Défense de dix pays du sous-continent devaient
procéder à des consultations sur la participation latino-américaine à
la Minustah et la coopération régionale en faveur du développement
d’Haïti.

LE MATIN mardi 13 février 2007

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