Haitiens au Canada -- Les Haïtiens passent à l'action



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Décrochage scolaire, gangs de rue...

Les Haïtiens passent à l'action

Valérie Dufour
Le Journal de Montréal
14/12/2006 05h53




Aux prises avec un éventail de problèmes allant de la délinquance au
chômage chronique, la communauté haïtienne de Montréal a décidé
de passer à l'action.

La communauté haïtienne a un taux de chômage de près de 16%, soit
le double de la moyenne québécoise. Le décrochage scolaire, le
sous-emploi des jeunes diplômés et l'attraction pour les gangs de rue
y sont également plus marqués que dans le reste de la population.

Le Conseil national des citoyennes et citoyens d'origine haïtienne
(CONACOH) a annoncé hier matin la tenue d'états généraux qui se
tiendront de janvier à avril prochain.

Il s'agit de la plus vaste consultation jamais menée auprès de cette
importante communauté culturelle comptant 130 000 personnes. Le projet
de 150 000 $ est financé à hauteur de 40 % par Patrimoine Canada.

Prise en charge

«Nous attendons tout le monde. Qu'ils soient professionnels,
étudiants, membres d'associations, artistes, artisans ou chauffeurs de
taxi. Nous voulons les entendre. Le but est que la communauté
haïtienne se prenne en charge par elle-même», explique la
vice-présidente du CONACOH, Ninette Piou.

Sur le terrain, la nouvelle a été accueillie avec intérêt. «Les
jeunes décrochent des diplômes et ils ne trouvent pas de travail. Ça
cause de gros problèmes sociaux et il faut les régler. Je vais
certainement donner un coup de main», signale Marie Pierre, employée
dans une épicerie de Montréal-Nord.

«L'État entretient la communauté dans son état. Il est très
difficile de se placer, même quand on a des diplômes. Il y a beaucoup
de chômage et il y a beaucoup de travail au noir. Cela dit, notre
communauté ne souffre pas plus que les autres communautés ethniques
de Montréal», raconte un autre résidant du quartier qui n'a pas
voulu s'identifier.

«Il faut un bon environnement pour se développer. Quand tout le monde
d'une même communauté est regroupé dans un endroit, c'est un peu
comme vivre dans un ghetto. Ça n'aide pas à s'ouvrir aux autres»,
souligne de son côté Edvie Baptiste, qui travaille dans un salon de
coiffure de Montréal-Nord.

«Mais il n'y a pas que des problèmes. On doit concentrer nos efforts
sur l'avenir de nos jeunes, sur le développement de leurs compétences
et sur la réussite scolaire. On veut un diagnostic et des solutions»,
insiste Claudel Toussaint, membre du comité qui dirige les
consultations publiques.

Des forums publics se tiendront de janvier à mars. Ces consultations
serviront ensuite à alimenter les débats des états généraux, qui
se tiendront du 19 au 22 avril.

Le CONACOH présentera un plan d'action à la suite des états
généraux.

La communauté haïtienne au Québec

· 74 470 personnes déclarées au recensement de 2001. En réalité,
ils sont près de 130 000, car plusieurs membres de la communauté sont
nés ici

· 41,1% sont nés au Québec

· Le français est la langue maternelle de 53% des gens, mais le
créole est largement utilisé

· Taux de chômage: 15,9 %

· Revenu moyen: 19 502 $, comparativement à une moyenne québécoise
de 28 886 $

· 24,9% du revenu des femmes haïtiennes provient de programmes
gouvernementaux

· 59% de la population est catholique

· La communauté haïtienne représente 4 % de l'ensemble des
communautés noires du Québec

vdufour@xxxxxxxxxxxxxx

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