Haiti -- Insécurité -- AlaterPresse -- 10 et 11 août 2006
- From: "Annette" <len.annette@xxxxxxxxxxxx>
- Date: 11 Aug 2006 17:23:42 -0700
Copie d'un message reçu :
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Haïti : Les responsables de la sécurité à nouveau convoqués au
parlement
10 août 2006
P-au-P., 10 août. 06 [AlterPresse] --- La chambre des députés
convoque ce 10 août le Conseil Supérieur de la Police (CSPN), dirigé
par le premier ministre Jacques Édouard Alexis, afin de fournir aux
parlementaires des informations sur les dispositions prises pour faire
face à la recrudescence de la violence et de l'insécurité à la
capitale.
Outre le premier ministre, le ministre de la justice, René Magloire,
le ministre de l'intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, et le directeur
général de la police, Mario Andrésol, sont attendus par
l'assemblée des députés.
Il s'agit bien d'une « convocation » et non d'une « invitation
», précise le président de la chambre des députés, Pierre Éric
Jean-Jacques.
Le CSPN a déjà été invité, le 8 août, à s'expliquer devant le
parlement sur la stratégie mise en ?uvre pour enrayer la spirale de
violence, enregistrée notamment dans la capitale haïtienne depuis mai
2006. Cette séance a été reportée en raison de l'indisponibilité
des concernés.
La semaine dernière, les échanges entre les parlementaires et les
responsables du CSPN, sur la question brûlante de la sécurité, ont
été une première fois renvoyés, à cause de la visite à
Port-au-Prince de Kofi Annan, secrétaire général de l'Organisation
des Nations Unies.
Le CSPN est également convoqué le 11 août au sénat de la
République pour les mêmes motifs.
Des parlementaires qui se sont exprimés ces derniers jours dans les
médias ont fait part de leur irritation vis-à-vis du traitement
donné par l'Exécutif, la police et la Mission des Nations Unies
pour la Stabilisation d'Haiti (MINUSTAH) au dossier de la sécurité.
Certains se sont montrés favorables à des actions musclées des
forces de l'ordre afin de mettre les bandits hors d'état de nuire.
Le regain de l'insécurité à Port-au-Prince n'a pas cessé de
faire des victimes au sein de la population civile. Des cas de morts
par balles et d'enlèvements se sont multipliés durant ces
dernières semaines dans l'aire métropolitaine de la capitale.
L'émotion était forte le 9 août, date des funérailles à
Pétion-Ville (périphérie Est) du commerçant Bernard Blanc et de son
fils d'un an et demi, Giovanni. Les deux ont été sauvagement
assassinés le 2 août.
Parallèlement, les habitants de plusieurs quartiers populaires ne
savent plus où donner de la tête au moment où des groupes armés
paraissent mettre en ?uvre une nouvelle offensive. Un des quartiers
les plus affectés est celui de Cité Militaire et les parages de
l'aéroport international Toussaint Louverture, devenus des bastions
gangs armés.
C'est à Cité Militaire que le président René Préval a choisi de
lancer une sévère mise en garde aux bandits, le 9 août, leur offrant
une unique alternative : « désarmer ou mourir ».
Préval a justifié l'emploi d'une stratégie à deux facettes : le
« dialogue » pour désarmer dans le cadre du programme Désarmement
Démobilisation et Réinsertion, ou la « force » pour contrer tout
refus de désarmer.
A titre d'avertissement, Préval a fait savoir que 17 bandits ont
été tués cette semaine lors d'échanges de tirs avec la police et
la MINUSTAH dans la région de Cité Militaire. [gp apr 10/08/2006
12:00]
P.S.
Haïti : Des jeunes expriment leur révolte face à l'impunité
août 2006
P-au-P, 10 août 06 [AlterPresse] --- Des dizaines de jeunes ont
exprimé leur refus de l'impunité lors de la projection le week-end
dernier à Port-au-Prince de « L'Agronome », le documentaire de
Jonathan Demme réalisé sur la vie du journaliste assassiné Jean
Dominique.
Ce film a été projeté respectivement au Télécentre des Jeunes à
Delmas 38 et au Centre Jacques Stephen Alexis de Delmas 3, dans le
cadre du projet « Siwèl », en collaboration avec l'organisation
Chandèl et avec le support de plusieurs professionnels et animateurs
sociaux.
Plus d'une soixantaine de jeunes ont assisté à ces projections et
« un débat fort intéressant » a eu lieu, rapporte le principal
animateur du Télécentre des Jeunes, le Belge Pieter Van Eeke, qui
annonce la poursuite des activités ce vendredi 11 août et le samedi
suivant à Port-au-Prince.
Cette semaine, le thème du Sida sera à l'ordre du jour,
précise-t-il.
Lors de la projection de L'Agronome, « chacun a fait part de son
appréciation du documentaire, de la personnalité et du
professionnalisme du journaliste que fut Jean Léopold Dominique », a
souligné Van Eeke.
Les journalistes Gotson Pierre et Ronald Colbert ont tour à tour
partagé leurs regards sur le personnage de Jean Dominique et sur la
nécessité de la liberté de la parole et du droit à la libre
expression dans la société haïtienne.
Jean Léopold Dominique est devenu presqu'un personnage mythique. Le
reporteur et commentateur politique de Radio Haïti Inter a été
assassiné le 3 avril 2000. Des enquêtes judiciaires ouvertes depuis
n'ont toujours pas abouti.
Les jeunes ont exprimé leur révolte vis-à-vis de l'impunité qui
persiste dans le pays, alors que la famille, les amis, le monde de la
presse et des mouvements sociaux continuent de réclamer justice pour
Jean Dominique. [do apr 10/08/2006 16 :25]
P.S.
Haïti : Circulation d'armes et misère à Cité Soleil, un cocktail
explosif, selon un responsable communautaire
10 août 2006
P-au-P, 10 août 06 [AlterPresse] --- Une situation explosive règne à
Cité Soleil, vaste bidonville au Nord de la capitale, où de
nombreuses armes circulent et où la misère fait rage, s'alarme
Jean-Yves Laguerre, un responsable communautaire de la région.
Intervenant lors d'une conférence de presse organisée par
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui finance à Cité
Soleil un projet d'eau potable, Jean-Yves Laguerre souligne qu'une
accumulation d'armes à feu se poursuit dans cette région depuis
plus de 15 ans.
Laguerre situe les premières démarches d'armement à Cité Soleil
en 1991, dans le contexte du coup d'État militaire contre le régime
du président Jean Bertrand Aristide, qui était à son premier mandat.
Au lendemain du retour d'exil d'Aristide en 1994, des informations
ont circulé sur la présence, dans le vaste bidonville, d'un groupe
armé appelé « L'Armée rouge ». Par la suite de nombreux
affrontements entre gangs rivaux, entre groupes armés et la police ont
été enregistrés.
Le responsable communautaire, membre du comité de sensibilisation du
projet « Dlo pou tout moun » (Eau pour tous) de l'OMS, se prononce
en faveur d'un désarmement général dans « tous les quartiers »
de la capitale.
Selon Laguerre, le programme Désarmement Démobilisation Réinsertion
(DDR), doit être appliqué « pour tous les civils illégalement
armés, y compris ceux qui résident dans les zones aisées. Le
désarmement doit être fait à Pétion-Ville, Cité Soleil,
Martissant, sans distinction aucune. Cité Soleil n'est pas le seul
lieu où des armes illégales circulent », soutient-il.
Ces déclarations interviennent au lendemain de la sévère mise en
garde lancée aux bandits par le président René Préval, lors d'une
visite dans le quartier volatile de Cité Militaire, dans le secteur
nord de la capitale.
L'unique alternative laissée aux bandits est de « désarmer ou
mourir », a martelé Préval. Il a justifié l'emploi d'une
stratégie à deux facettes : le « dialogue » pour désarmer dans le
cadre du programme Désarmement Démobilisation et Réinsertion, ou la
« force » pour contrer tout refus de désarmer.
A titre d'avertissement, Préval a fait savoir que 17 bandits ont
été tués cette semaine lors d'échanges de tirs avec la police et
la MINUSTAH dans la région de Cité Militaire.
Laguerre maintient que les principales causes du phénomène de
l'insécurité qui persiste à Port-au-Prince, notamment dans les
quartiers populaires, doivent être recherchées dans la répartition
inégale des richesses à travers le pays. Cependant, il n'a pas
expliqué pourquoi ce phénomène s'est accru à la suite de la chute
du régime d'Aristide en février 2004.
Jean-Yves Laguerre insiste sur les conditions de vie désastreuses dans
ce vaste bidonville. « À Cité Soleil, il est écoeurant de voir
comment des gens vivent entassés dans des taudis, des lieux insalubres
», s'offusque le jeune homme.
Cité Soleil est aujourd'hui habitée par quelques 200 milles
personnes selon des chiffres non officiels. De nombreux riverains ont
déjà fui cette grande agglomération en raison du niveau élevé de
violence qui y persiste. [do gp apr 10/08/2006 16:00]
P.S.
Haïti : 85 morts par balles à Port-au-Prince en juillet, situation «
intolérable », selon les députés
10 août 2006
Actualisation : 11 aout 2006, 08:30
P-au-P., 10 août. 06 [AlterPresse] --- Les députés ont qualifié ce
10 août d' « inacceptable » et d' « intolérable » la
situation de violence et d'insécurité accrue à la capitale, qui a
fait au moins 85 morts par balles en juillet dernier.
Lors d'une séance à la chambre des députés où le Conseil
Supérieur de la Police (CSPN), présidé par le premier ministre
Jacques Édouard Alexis a été convoqué, les députés ont exigé des
explications de la part du chef du gouvernement et réclamé des
mesures concrètes pour « corriger le problème de l'insécurité en
Haïti ».
Le président de la commission Intérieur à la chambre basse, le
député Ronald Larêche, a dressé un tableau très sombre de la
situation. Au moins 85 personnes ont été tuées par balles à la
capitale durant le mois de juillet écoulé et 60 autres ont été
kidnappées, a-t-il indiqué.
Selon le parlementaire, 264 personnes ont été blessées par balles
durant les 2 derniers mois, dont 158 dans la zone de Martissant
(périphérie sud de la capitale), où il y a eu de violents
affrontements entre groupes armés. Il a aussi souligné que 11
policiers ont été assassinés entre mai et juin.
Alexis a accusé « les groupes de trafiquants de drogue » et des
secteurs politiques de financer la violence et l'insécurité dans la
capitale, afin de profiter de la « situation incontrôlable » qui
pourrait en découler.
« Nous ne leur ferons pas de quartier, nous marcherons contre eux »,
a martelé Alexis. Il a aussi souligné que l'insécurité est de
nature « politique et socio-économique » et exige des mesures
appropriées.
Malgré les faiblesses et le manque de ressources de la police pour
faire face à cette situation, le premier ministre a relevé que le
gouvernement est déterminé à résoudre le problème de
l'insécurité.
Reprenant les déclarations faites le 9 août à Cité Militaire
(périphérie nord) par le président Préval, Alexis a déclaré que
« nous laissons une porte ouverte pour que les bandits rendent leurs
armes, mais s'ils ne le font pas, ils vont mourir ».
La séance d'audition du CSPN à la chambre des députés s'est
poursuivie à huit clos jusqu'en début de soirée. Les membres de
cet organisme doivent se présenter ce 11 août au sénat.
Parallèlement, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation
d'Haïti (MINUSTAH) réitère son support aux initiatives
gouvernementales et affirme qu'elle poursuivra ses opérations dans
les zones contrôlées par les bandes armées.
La MINUSTAH soutient le gouvernement dans son initiative de désarmer
les bandes qui opèrent dans plusieurs quartiers de la capitale, a
déclaré le porte-parole de la force onusienne, David Wimhurst, lors
d'une conférence de presse. [gp apr 10/08/2006 18 :00]
P.S.
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