Re: Haiti -- Politique -- TROUILLOT -- L'enclume et le marteau
- From: "annick" <asoudiere@xxxxxxxxxxx>
- Date: 8 Aug 2006 12:03:52 -0700
ÁGORA NOBLE...
C'est le vin de Valdepeñas que je viens de déguster...offert par
des amis qui viennent de faire le chemin de Don Quijote(différent du
chemin de Saint Jacques de Compostelle tu en conviendras...)..Un
tempanillo cosecha 2004 qu'il ont acheté sur le chemin .Excuse-moi
amigo...cela ne m'empêche pas de suivre le chemin de mes amis des
Caraïbes.Cela ne m'empêche pas d'être complètement dépendante de
la réussite de mon Haïti chérie...
Annette ha escrito:
Copie d'un message reçu :
-------------------------------------
AGORA in LE MATIN du 8 août 2006
L'enclume et le marteau
Par Lyonel Trouillot
lyoneltrouillot@xxxxxxxxxxxxxxxx
J'avoue n'avoir pas tout compris des récents propos du président
de la République.
J'ai compris qu'il souhaitait une plus grande efficacité de la
Minustah dans le domaine de la sécurité. Pour cela, il demande
l'envoi en Haïti de policiers membres de corps spécialisés. J'ai
compris aussi qu'il veut que la Minustah fournisse une assistance
technique à des travaux d'infrastructure en particulier et de
développement en général. Souhaits qu'on ne peut qu'approuver.
Tant qu'ils sont là, essayons de transformer leur présence en un
mal pour un bien. Il ne m'a pas semblé entendre, mais j'avoue
n'avoir pas suivi l'ensemble de la conférence de presse, que ces
apports ou modifications ne doivent pas entraîner « plus de pouvoir
» pour la mission des Nations unies. Des modifications du mandat de la
mission, lui enlevant tout prétexte (pour parler le langage des
citoyens les plus méfiants) ou toute contrainte (pour parler la langue
administrative des membres de la mission et des rares citoyens
haïtiens qui font encore son apologie) de ne pas s'impliquer plus
dans la lutte contre le banditisme sont peut-être nécessaires. Mais
c'est une ruse des esprits malins de donner plus pour prendre plus.
Il faut résolument combattre l'idée que la Minustah a besoin de «
plus de pouvoir ». Au contraire, il faut un mandat de plus en plus
limité mais de plus en plus précis, dans les domaines où l'on a
encore besoin d'elle. Enfin, d'aucuns diront que la preuve n'est
pas faite que l'on a besoin d'elle et qu'il faudrait utiliser une
autre expression du genre « dans les domaines où elle pourrait
éventuellement être utile ».
Mais cette partie-là, je l'ai comprise.
Là où les propos du président ont dépassé mon entendement, c'est
en ce qui concerne la politique à mener en matière de lutte contre le
banditisme et de désarmement. Il m'a semblé que le président
distingue deux phénomènes : des bandits armés qui attentent aux
biens et aux vies des personnes, d'un côté, et, d'un autre
côté, des gens qui ont des armes et qui sont dans des localités
précises. Les premiers relèvent de la police. Les autres, il
s'agirait de les porter à remettre les armes en discutant avec eux
des conditions de cette remise.
Comment le président sait-il que ce ne sont pas les mêmes ? Et
surtout, avec qui négocie-t-on ? En général avec des représentants
de forces sociales, des groupes qui ont des revendications et des
porte-parole.
Une concertation avec les populations des bidonvilles est plus que
nécessaire. Les élites et les pouvoirs n'ont que trop longtemps
ignoré le peuple pauvre de nos villes. Une politique d'amélioration
de leurs conditions d'existence doit être établie avec eux. Il faut
négocier avec Cité Soleil une meilleure vie à Cité Soleil, c'est
une chose certaine. Mais cela ne veut pas dire négocier avec les gens
qui terrorisent Cité Soleil avec leurs armes. Cité Soleil n'est pas
armée, il y a des bandits armés qui se cachent à Cité Soleil et qui
ne sont pas les représentants de la population. Le pouvoir peut
choisir de discuter avec ces bandits, pour éviter les dommages que
pourraient causer des opérations policières à la population de la
zone. Négocier son avenir avec la Cité. Négocier avec les bandits
comme on négocie la reddition d'un preneur d'otages. Négocier
avec les bandits comme représentants de qui que ce soit, c'et les
légitimer et prendre leurs premières victimes pour leurs mandants.
Sur ce point, je trouve que le discours du président a manqué de
clarté. Et c'est un vieux réflexe humain d'avoir soudain très
peur quand on ne comprend pas.
mardi 8 août 2006
.
- References:
- Prev by Date: Re: Haiti -- Politique -- TROUILLOT -- L'enclume et le marteau
- Next by Date: Re: Haiti -- Souveraineté -- MA***T_S -- La frontière cette passoire
- Previous by thread: Re: Haiti -- Politique -- TROUILLOT -- L'enclume et le marteau
- Index(es):