*Le commentaire de Robert Benodin 26 août*
- From: "Annette" <len.annette@xxxxxxxxxxxx>
- Date: Sat, 27 Aug 2005 20:07:26 -0700
Copie d'un message reçu :
=================
Thèmes de l'Emission de la semaine
Actualités Politiques : Grandes Lignes
Le CEP, est-il conscient de ses responsabilités, envers qui, et de son
autorité, sur quoi ? Le calendrier électoral fait encore l'objet d'un
désaccord entre le CEP et certains partis politiques. Aujourd'hui ce
désaccord se situe sur le fait que le CEP avait décidé de faire des
élections en deux étapes : D'abord, celles des autorités locales le 13
novembre, et en suite le premier tour des législatives et de la
présidence le 27 novembre. Certains partis politiques exigent des
élections en une seule étape, des élections générales à la fin de l'
année. L'argument des partis politiques, c'est le coût de deux campagnes
électorales. Alors que dans l'un ou l'autre cas (1 ou 2 étapes), les
campagnes électorales se font simultanément à tous les niveaux,
particulièrement à cause de la proximité des dates des élections entre
les étapes (14 jours). Le CEP a capitulé une fois de trop sous la
pression de partis politiques, face à un argument qui ne tient pas
debout. Il est irréfutable qu'au niveau des villes, des villages de la
province et du milieu rural, où vit la majorité de l'électorat, on est
plus intéressé aux élections des autorités locales que celles des autres
postes électifs. Cette attitude s'explique par le fait que les autorités
locales affectent directement leur vie d'une part, et de l'autre, ils
connaissent les autorités locales. La question est de savoir, est-ce que
ce CEP sait que ses responsabilités sont prioritairement envers l'
électorat et les votants ?
Si je comprends bien, la première responsabilité du CEP c'est d'
organiser des élections de manière à assurer que leurs résultats soient
en vérité l'expression fidèle de la volonté générale, l'expression de la
volonté collective de tous les votants. La seconde est de s'assurer de
la participation maximale de l'électorat au processus du vote, pour que
les élus puissent bénéficier de la légitimité politique. La troisième
est de s'assurer de la transparence du système électoral, de façon à
permettre l'apurement le plus minutieux. La quatrième est de maintenir
les listes électorales nationales et partielles à jour. La cinquième est
de réduire au minimum la complexité du processus du vote. La sixième est
de s'assurer que les bulletins de vote puissent permettre aux votants
les moins éduqués, d'exprimer leurs choix avec précision et le plus
facilement que possible, en réduisant au minimum les sources de
confusion. La septième est d'employer des techniques d'accélération du
processus du vote (chevauchement), pour garantir que les votants les
moins éduqués puissent en toute quiétude, exprimer leurs choix dans le
temps qui leur est imparti. La huitième est de s'assurer que le votant
ne vote qu'une seule fois, par élection, dans le bureau unique qui lui
est assigné, où il est autorisé à voter. La neuvième est d'avoir un
contrôle sans faille des documents électoraux produits par l'imprimerie
pour éviter les fraudes et le vote parallèle. La dixième est de s'
assurer de la précision de la livraison des documents électoraux. En d'
autres termes, s'assurer que les documents électoraux soient livrés à
temps dans les bureaux de vote auxquels ils appartiennent. La onzième
est de s'assurer de la protection du transport et de la livraison de
toutes les urnes celées, accompagnée chacune de leur procès verbal, aux
bureaux du CEP, après le vote. La douzième est de vérifier le contenu de
chaque urne contre le procès verbal qui l'accompagne, pour confirmer et
proclamer les résultats, ou les rejeter en cas d'erreur. La treizième
est d'être disponible à traiter, avec équité, les contestations qui
peuvent éventuellement se présenter. La quatorzième est de s'assurer de
l'embauchage du personnel en charge de la gestion et de la bonne marche
du système électoral à tous les niveaux, et la mise en place de tout l'
appareil électoral dans tous les recoins du pays. La quinzième, qui a
trait uniquement aux partis politiques et aux candidats, est d'assurer
la validation des partis, la réception et l'évaluation des candidatures
à tous les postes électifs.
Assumant ces lourdes responsabilités, en tant qu'autorité électorale, il
revient au CEP de décider le nombre d'étapes qui lui est nécessaire,
pour s'en acquitter. Le CEP ne partage pas ses responsabilités avec les
partis politiques. Ce n'est pas au CEP de s'accommoder aux inquiétudes
justifiables ou non des partis politiques qui exigent des élections
générales pour leur faciliter la tache, alors que les élections
générales compliquent démesurément celle du CEP. La précision, qu'exige
la complexité des élections d'autorités locales, et l'importance que
revêtent ces élections, pour le choix d'élus qui auront à gérer la
décentralisation prescrite par la Constitution, suffisent amplement pour
justifier que ces élections soient séparées, qu'elles constituent une
étape et qu'elle soit la première. C'est pour la première fois qu'on
aura l'opportunité d'avoir des élus au niveau des autorités locales. Il
faut aux autorités locales, un minimum de formation pour assumer les
responsabilités de la gestion de la décentralisation. Mais, il faut
aussi reconnaître que ce sont les autorités locales qui
traditionnellement assument l'organisation de la population de leur
localité, pour participer aux élections. Il est important pour l'
établissement de la Démocratie représentative en Haïti, qu'à la base, on
ait une structure pluraliste, avec des élus ayant la légitimité
politique. Ceci se reflétera à l'échelle supérieure des pouvoirs
législatifs et exécutifs. Il nous faut abandonner cette tendance à
vouloir la monopolisation des pouvoirs, par la confiscation des
élections. C'est peut être par cette voie, l'élection des autorités
locales comme première étape, que l'on mettra fin à la tradition, « Qui
gagne, gagne tout. Qui perd, perd tout. » Le pouvoir en Haïti tend
traditionnellement à devenir absolu, par la confiscation des élections.
Il est important de comprendre que la minutie de la gestion de la
campagne électorale au niveau des autorités locales, peut exiger un
effort qui dépasse la capacité de certains partis politiques qui n'ont
pas cette pénétration au niveau national. Ce qui assimile l'étape des
élections des autorités locales à des primaires, pour les critiquer, n'
ont pas compris que c'est précisément ce qu'il faut à notre système
politique, pour que les grands courants idéologiques puissent commencer
à se consolider. Ce n'est un secret pour personne qu'il y a des
candidatures à la présidence qui ne sont pas réellement dans la course,
pour conquérir la première magistrature, mais pour se caser.
Mis à part l'histoire des CEP, il nous faut comprendre que nous sommes
dans un processus de démocratisation, et que nous avons la
responsabilité et le devoir d'apprendre à nous accommoder à ses règles.
Certes, la négociation du bien commun et le consentement, sont des
aspects qui distinguent le régime démocratique des autres régimes, mais
ils ne supplantent ni ne détruisent pas, la règle cardinale qui veut que
l'autorité soit proportionnelle à la responsabilité. Le respect de l'
autorité institutionnelle est fondamental à l'efficacité du
fonctionnement de l'institution, particulièrement quand elle ne jouit
pas de pouvoir de coercition. Vouloir négocier une décision qui relève
exclusivement de l'autorité du CEP, c'est vouloir éroder son autorité
institutionnelle, pour le forcer à servir les intérêts des partis
politiques au détriment de ceux des votants. En d'autres termes, les
élections générales en une seule étape, augmenteront démesurément la
complexité du processus électoral, autant pour le CEP que pour les
votants. Or, la responsabilité prioritaire du CEP est de faciliter l'
expression du choix des votants, pour que les résultats des élections
soient en vérité l'expression de la volonté générale. Il revient au CEP
et au CEP seulement de décider comment il peut efficacement s'acquitter
de cette tache. Cela ne veut pas dire pour autant, que le CEP doit
éviter tout dialogue avec les partis politiques, pour leurs communiquer
les raisons de ses décisions. Mais les partis politiques doivent
consentir d'abord, au respect des limites de l'autorité du CEP en tant
qu'institution responsable de la gestion du processus électoral, et de
ne pas empiéter sur elle. Les partis politiques sont des acteurs
importants de la compétition électorale, certes, mais ils ne sont pas en
charge de la gestion du processus électoral. Que chaque bourrique braie
dans son pâturage, et les boufs seront mieux gardés.
.
- Prev by Date: *Le lynchage fortement déconseillé*
- Next by Date: *Un peu de lumière dans la noirceur*
- Previous by thread: *Le lynchage fortement déconseillé*
- Next by thread: *Un peu de lumière dans la noirceur*
- Index(es):
Relevant Pages
|
|