5.1 billion $ for Canadian Aboriginals



Ottawa versera 5,1 milliards $ aux autochtones, mais tout n'est pas
réglé (2005-Nov-26)
KELOWNA, C.-B. (PC) - Le premier ministre Paul Martin a
annoncé vendredi l'intention de son gouvernement
d'injecter 5,1 milliards $ en cinq ans pour améliorer les conditions
de vie des autochtones, mais faute de temps,
Ottawa, les provinces et les chefs autochtones devront poursuivre les
négociations en matière de santé,
d'éducation et de logement. "Je crois que nous avons fait un pas sans
précédent", s'est exclamé M. Martin pour
conclure la conférence fédérale-provinciale sur les affaires
autochtones, qui s'est déroulée à Kelowna. "Les
autochtones canadiens n'ont plus le goût d'entendre davantage de
rhétorique. Ils ont des besoins et ces besoins
nécessitent de l'attention. C'est aussi simple que cela."
A son arrivée à la rencontre, jeudi, le premier ministre du
Québec, Jean Charest, avait souligné
l'importance de profiter de l'événement pour "départager les rôles
et les responsabilités" des deux ordres de
gouvernement à l'égard des autochtones. Le manque de clarté actuel
fait en sorte que les Premières nations, les
Inuits et les Métis, surtout ceux qui vivent à l'extérieur des
réserves, ne savent pas à qui s'adresser pour résoudre
leurs problèmes. Or, le communiqué final, publié vendredi, reporte
à plus tard la définition précise des
responsabilités de chaque gouvernement. Même chose pour la
répartition des futurs investissements fédéraux
entre les provinces, les territoires et les communautés autochtones:
il faudra conclure des accords tripartites, ce
qui pourrait prendre des années, avant que les améliorations promises
prennent forme. "Pour nous, l'enjeu, ce
n'est pas les compétences de chacun, c'est comment mieux servir les
populations autochtones, a expliqué M.
Charest. Mais pour mieux les servir, il faut régler les questions de
compétence. Il faut savoir qui fait quoi."
Jean Charest s'est néanmoins dit "satisfait" des résultats
du sommet. Après tout, c'est à la suite des
pressions de la délégation québécoise qu'Ottawa a accepté de
laisser ouverte la question du partage des
responsabilités. De plus, le plan dévoilé vendredi ouvre la porte à
un financement fédéral pour les services que les
provinces offrent déjà - ou offriront éventuellement - aux
communautés autochtones, qu'elles vivent ou non dans
des réserves. "On peut tenter d'obtenir un financement fédéral pour
(les autochtones) qui sont dans le réseau
(des réserves), a souligné M. Charest. Ca, ça nous aiderait." Le but
premier n'est pas de réduire le "déséquilibre
fiscal" entre Ottawa et les provinces, mais d'offrir plus de services
aux Amérindiens, a-t-il précisé.
On ne connaît pas encore la part exacte que les provinces
toucheront des 5,1 milliards. "Le Québec a
environ 10 pour cent de l'ensemble de la population autochtone au
Canada, mais on ne s'attend pas à ce que soit
un montant qui soit calculé sur cette base-là (...), mais plutôt sur
les besoins", a indiqué Jean Charest. Le
premier ministre Paul Martin n'a pas voulu évaluer le temps qu'il
faudrait pour mener à terme les diverses
négociations, mais il a assuré que ces délais ne nuiraient pas à
l'atteinte des objectifs sur lesquels se sont
entendus le fédéral, les provinces et les chefs autochtones.
Congress of Aboriginal Peoples' Dwight Dorey (left) and
Newfoundland and Labrador Premier Danny Williams
listen as Native Women's Association of Canada's
Beverly Jacobs speaks at the end of the First Ministers
and National Aboriginal Leaders meetings in Kelowna,
B.C., Friday, Nov. 25, 2005.

Canada on Friday pledged $4.3 billion in a landmark
deal with native Indian and northern Inuit communities
to help lift them from the poverty and disease that has
plagued their neglected reserves for more than a century.

(AP Photo/CP, Adrian Wyld)



Objectifs et financement
Pourtant, ces objectifs sont fort ambitieux. Une somme de 1,8
milliard $, en cinq ans, ira à l'éducation. On
veut notamment accroître de 22 000 le nombre d'autochtones qui
réussissent leur cours secondaire et de 15 000
ceux qui obtiennent des diplômes collégiaux ou universitaires. En
santé, les nouveaux investissements totaliseront
1,3 milliard $ sur cinq ans. On ambitionne ainsi de réduire de 20 pour
cent en cinq ans, et de 50 pour cent en 10
ans, les disparités qui existent entre les autochtones et les autres
Canadiens en matière de mortalité infantile, de
suicide chez les jeunes, d'obésité des enfants et de diabète. A
l'heure actuelle, le taux de mortalité infantile chez
les Premières nations dépasse de près de 20 pour cent la moyenne
canadienne.
Sur le plan du logement, le gouvernement fédéral s'engage à
verser 1,6 milliard de plus. Ottawa et les
provinces croient pouvoir réduire la pénurie actuelle de 40 pour cent
d'ici cinq ans et de 80 pour cent d'ici 10 ans.
A l'extérieur des réserves, les gouvernements, en partenariat avec
les autochtones, comptent fournir des
logements à pas moins de 18 200 ménages au cours des cinq prochaines
années. Enfin, 200 millions $ seront
affectés au développement économique des Premières nations et 170
millions $ aux associations autochtones.
Les leaders autochtones se sont réjouis du déroulement de la
conférence. Le chef national de l'Assemblée
des Premières nations, Phil Fontaine, ne s'est pas montré inquiet du
sort du plan fédéral à la veille de la chute du
gouvernement Martin. "Les engagements sont significatifs et il va être
très difficile, pour n'importe quel
gouvernement, de s'y soustraire", a-t-il commenté.

.