Re: Yann-Ber Kalloc'h e brezhoneg-breman




> Comme vous le disiez il y a quelques jours, Kalloc'h est difficilement
> transférable même si ponctuellement, comme ici, ça marche. Car c'est de la
> poésie. Et la poésie c'est la musique des mots, pas un message de signes .
> C'est tout d'abord une musique. Et celle-ci encadre un message mystique.
> La musique je la connais, c'est celle qui m'a bercé. Mais le message est
> d'une autre époque même s'il reste transcandental .
> Pour l'apprécier, Kalloc'h doit se déclamer à haute voix en faisant vibrer
> les sons des mots. Des mots prononcé comme ils a appris à les prononcer
> lorsqu'il était au petit séminaire de Ste Anne .

Car Kalloc'h, s'il
> comprenait le breton, ne le parlait pas en famille. Il l'a approfondi au
> séminaire de ste Anne

= "ne le parlait pas en famille": peu probable, car il écrivait à sa mère
dans son sous-dialecte local. Pour faire ça, faut connaître à fond et
pratiquer!



Kalloc'h a ouie brezhoneg Groe ervat, eveljust (is-rannyezh kornog an
enezenn)! Skriv a rae e brezhoneg d'e vamm. P. ar Besko en deus embannet 29
lizher bet skrivet gant ar barzh d'e vamm. Eñ a skrive evel ma komze: ema
liv e isrannyezh war e lizheroù.

Marse en deus desket er c'hloerdi ar gwenedeg lennegel (a oa e-penn kentañ
al langaj komzet tro-ha-tro da Wened).



Bien sûr que Kalloc'h connaissait parfaitement le breton, le breton
groisillon (sous-dialecte occidental de l'île)!

C'est en breton qu'il écrivait à sa mère. P. Le Besco a publié 29 lettres du
poête à sa mère.

Il écrivait comme il parlait: on trouve dans ses lettres la couleur de son
sous-dialecte.

Peut-être a-t-il appris au séminaire le breton vannetais littéraire (qui
était à l'origine la langue parlée des environs de Vannes).



J'ajouterai qu'il y avait 2 sous-dialectes à Groix, qui fait 6 km de long:
l'occidental (celui repérable dans les lettres du poête à sa mère) et
l'oriental. Les différences sont minimes mais audibles. Ternes a
magistralement étudié le sous-dialecte occidental dans sa "Grammaire
structurale du breton de l'île de Groix" (années 1960-1970). Depuis la
langue est quasiment morte sur l'île.



gg


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