Re: Hent hir an unvaniezh yezhel




"Bròc" <Brocalan@xxxxxxxx> a écrit dans le message de news:
1135022826.808371.293820@xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Aussi, je ne propose pas de renoncer au vannetais, mais de faire la
démarche qu'ont faite les Léonards.

Le Peurunvan n'est pas tout à fait la langue littéraire
traditionnelle qui a donné tant de belles oeuvres. Mais il en est si
proche qu'on n'a pas besoin d'apprentissage spécial pour
comprendre les textes écrits dans la graphie que j'appellerai «
Breiz ha Feiz » pour faire court.

Les Vannetais peuvent faire la même démarche que les Léonards et
adopter le Bas-Vannetais. Des formes authentiquement vannetaises comme
« breur, traoù, chilaou, dei(z)... » sont aussi répandue en
Bro-Wened que les formes « Brôr, treu, cheléu, dé... » et posent
moins de problème d'adaptation pour une écriture commune.

J'ajouterai que je ne vois pas pourquoi deux phonèmes prononcés
exactement de la même manière en vannetais et en KLT devraient avoir
deux graphies différentes. (Là, je quitte le terrain de la langue
proprement dite pour m'attaquer à une question de traditions
graphiques.)
Pourquoi « c'hwec'h » et « huéh » alors qu'il n'y a
qu'une seule prononciation ? Pourquoi ne pas accepter la graphie « a
vez » que les K et T ont adoptée alors qu'ils ne prononcent pas eux
non plus le -z ? (Certains essaieront de dire qu'on dit « huéh »
en vannetais et « hweh » en Léon. Ben oui, mais en Cornouaille en
gros on dit bien « huéh ». Et puis est-il si dur de retenir que en
vannetais we, wi se prononcent /ué,ui/ et que wa, wo, wou se
prononcent /oua, ouo, ouou/ ? Je plaiderais même pour écrire v là
où il y a v en peurunvan, par exemple : evez, savet. Mais il est vrai
que dans une période transitoire, pour les débutants, il est
probablement opportun de continuer à écrire ù : eùez, saùet)

Pourquoi écrire « chilaou » et pas « silaou » ou « selaou » ? En
pays Chtou et ailleurs on dit bien « chilaou » aussi, ou même «
chilou » et « chiléou », et on écrit « selaou ».

J'admets qu'il soit difficile de renoncer à certaines traditions
tout à fait vénérables, d'autant plus que je trouve moi aussi la
graphie vannetaise plus légère, plus élégante (comparez le pesant
« c'hwec'hkogn » qu'on doit déchiffrer lettre à lettre avec
l'élégant « huéhkogn ») mais si on ne fait pas l'effort de
rapprochement, que les Bretons du nord-ouest ont fait, eux, redisons-le
! on renforce une situation qui n'est pas à l'avantage du
vannetais.

Dans son site « Breton guéned » (mon grand site de référence avec
www.geobreizh.com) Sébastien Le Goff se plaint à juste tître que,
même en Bro Gwened la promotion du breton se fasse plutôt en faveur
du peurunvan :
« Ha ni e oui eùé penaus ne vè ket disket kalz breton Guéned d'en
dud ér skolieu deu-langaj Diwan, nag ér liséeu nag ér skolieu-meur,
memb é Bro-Guéned. »

Ca paraît en effet scandaleux à première vue. Il serait scandaleux
d'imposer le peurunvan seul, ou même prioritaire à des gens qui
parlent gweneg.
Seulement la réalité, c'est que dans les écoles Diwan, les lycées
et les Universités, la plupart des gens qui étudient le breton ne le
parlent pas de famille. (Ils peuvent avoir gardé quelques rudiments,
et même des rudiments de vannetais, mais pas plus)
Donc ces néo-apprenants n'ont pas de raison de s'accrocher à la
forme minoritaire, et contribuent de ce fait de bon coeur au recul du
vannetais littéraire en face du KLT littéraire.

La survie du vannetais passe par l'adoption du Bas-Vannetais, en gros
du vannetais d'An Noriant au lieu du vannetais de Gwened.
Comme exemple, je reprends la phrase tirée du site « www.Breton
guéned » en bas vannetais, et dans une graphie plus unitaire :
« Ha ni a oui eùez penaos ne vez ket disket kalz brezhoneg gwened
d'an dud er skolioù diou-yezh Diwan, nag er liseoù nag er
skolioù-meur, zoken e Bro-Gwened. »

Chomet sioul ! get ar gweneg-izel e hellan eùe lenn ar gweneg-ihuel !
(evel gant ar peurunvan e lennan al leoneg « Breiz ha Feiz »)*
================================================================

en tant que "haut-vannetisant" natif, je ne peux que me ranger à ces
arguments. Je n'imagine pas qu'il y ait un avenir pour le seul haut
vannetais dans son ancienne graphie (il n'y a jamais eu de graphie
spécifique au bas-vannetais).
Pour les nouvelles générations de bretonnants, la graphie Peurunvan
adaptée par Daniel Le Doujet pour le Vannetais me parait un compromis
acceptable.
Mais un peu de tolérance ferait avancer les choses. Ceux qui utilisent
l'ancienne graphie ont leurs raisons. J'utilise l'ancienne graphie depuis le
college où on l'apprenait pour le BEPC .
On ne change pas de graphie du jour au lendemain, surtout si on n'est pas
universitaire ou enseignant, ou fonctionnaire, et que les seuls
interlocuteurs bretonnants sont des voisins (aujourd'hui des personns
agees).
Quand je veux m'adapter au Peurunvan, où trouver les règles ? où
trouver les clefs de transposition? Il faut vivre à l'université pour cela.
Les futurs bretonnants ne seront pas tous universitaires ou alors la langue
sera morte. Les gens du peuple eux aussi doivent pouvoir accéder à leur
patrimoine. Trouve-t-on les regles orthographiques dans la presse bretonne
courante ? Non . Donnes t-on les mots clefs qui sont synonymes d'un dialecte
à l'autre ? Non . Donne-t-on l'impression de restaurer une langue bretonne
moribonde ? Non, one donne l'impression de remplacer les dialectectes par
une nouvelle langue "épurée" des mots "français" mais qui ne sont français
que pour les francisants, et en brisant trop souvent les liens avec ce qui
est encore vivant
Les bretonnants natifs n'ont pas beaucoup leur place dans ces débats.
C'est dommage !
Parfois je me dis parfois que si mes parents furent punis parce qu'ils
parlaient leur langue maternelle , moi, j'ai le droit de la parler mais pas
d'en être fier parce que ce n'est pas du "bon breton".
Ceci dit, je n'approuve pas non plus ceux qui veulent mettre, mot à mot,
par écrit le breton parlé actuellement dans les campagnes.pour en faire une
langue littéraire. Le breton ne disparait pas d'un seul coup , il devient
d'abord décadent . Nous y sommes
Amicalement
Loeiz




.



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    ... Professeur de philosophie, Université de Montréal ... propension à survaloriser les traditions séculaires. ... sociale (les socialistes) et champions de la liberté ...
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