Joyce ou Sarah Kane(Dans 4.48 Psychose,-)Vtech/ or murder at Dupont University
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- Date: 19 Apr 2007 04:18:14 -0700
From Bauhaus to Our House- or murder at Dupont University
FSG 1981http://www.bigbrother.net/~mugwump/Lasch/
De la misère symbolique, par Bernard Stiegler LE MONDE | 10.10.03
La question politique est une question esthétique, et réciproquement :
la question esthétique est une question politique. J'emploie ici le
terme "esthétique" dans son sens le plus vaste. Initialement,
aisthésis signifie sensation, et la question esthétique est celle du
sentir et de la sensibilité en général.
Je soutiens qu'il faut poser la question esthétique à nouveaux frais,
et dans sa relation à la question politique, pour inviter le monde
artistique à reprendre une compréhension politique de son rôle.
L'abandon de la pensée politique par le monde de l'art est une
catastrophe.
Je ne veux évidemment pas dire que les artistes doivent "s'engager".
Je veux dire que leur travail est originairement engagé dans la
question de la sensibilité de l'autre. Or la question politique est
essentiellement la question de la relation à l'autre dans un sentir
ensemble, une sympathie en ce sens.
Le problème du politique, c'est de savoir comment être ensemble, vivre
ensemble, se supporter comme ensemble à travers et depuis nos
singularités (bien plus profondément encore que nos "différences") et
par-delà nos conflits d'intérêts.
La politique est l'art de garantir une unité de la cité dans son désir
d'avenir commun, son individuation, sa singularité comme devenir-un.
Or un tel désir suppose un fonds esthétique commun. L'être-ensemble
est celui d'un ensemble sensible. Une communauté politique est donc la
communauté d'un sentir. Si l'on n'est pas capable d'aimer ensemble les
choses (paysages, villes, objets, ¦uvres, langue, etc.), on ne peut
pas s'aimer. Tel est le sens de la "philia" chez Aristote. Et s'aimer,
c'est aimer ensemble des choses autres que soi.
Pour autant, l'esthétique humaine a une histoire et est donc une
incessante transformation du sensible. Manet rompant avec la tradition
est la pointe d'un sentir qui n'est pas partagé par tous - d'où les
conflits esthétiques qui se multiplient à partir du XIXe siècle. Mais
ces conflits sont un processus de construction de la sympathie qui
caractérise l'esthétique humaine, une créativité qui transforme le
monde en vue de bâtir une nouvelle sensibilité commune, formant le
nous interrogatif d'une communauté esthétique à venir. C'est ce que
l'on peut nommer l'expérience esthétique, telle que l'art la fait -
comme on parle d'expérience scientifique : pour découvrir l'altérité
du sentir, son devenir porteur d'avenir.
Or je crois que, de nos jours, l'ambition esthétique à cet égard s'est
largement effondrée. Parce qu'une large part de la population est
aujourd'hui privée de toute expérience esthétique, entièrement soumise
qu'elle est au conditionnement esthétique en quoi consiste le
marketing, qui est devenu hégémonique pour l'immense majorité de la
population mondiale - tandis que l'autre partie de la population,
celle qui expérimente encore, a fait son deuil de la perte de ceux qui
ont sombré dans ce conditionnement.
C'est au lendemain du 21avril 2002 que cette question m'a en quelque
sorte sauté à la figure. Il m'est apparu ce jour-là, dans une
effrayante clarté, que les gens qui ont voté pour Jean-Marie Le Pen
sont des personnes avec lesquelles je ne sens pas, comme si nous ne
partagions aucune expérience esthétique commune. Il m'est apparu que
ces hommes, ces femmes, ces jeunes gens ne sentent pas ce qui se
passe, et en cela ne se sentent plus appartenir à la société. Ils sont
enfermés dans une zone (commerciale, industrielle, d'"aménagements"
divers, voire rurale, etc.) qui n'est plus un monde, parce qu'elle a
décroché esthétiquement.
Le 21 avril a été une catastrophe politico-esthétique. Ces personnes
qui sont en situation de grande misère symbolique exècrent le devenir
de la société moderne et avant tout son esthétique - lorsqu'elle n'est
pas industrielle. Car le conditionnement esthétique, qui constitue
l'essentiel de l'enfermement dans les zones, vient se substituer à
l'expérience esthétique pour la rendre impossible.
Il faut savoir que l'art contemporain, la musique contemporaine, les
intermittents du spectacle, la littérature contemporaine, la
philosophie contemporaine et la science contemporaine font souffrir le
ghetto que forment ces zones.
Cette misère n'affecte pas simplement les classes sociales pauvres :
le réseau télévisuel, en particulier, trame comme une lèpre de telles
zones partout, concrétisant ce mot de Nietzsche : "Le désert croît."
Pour autant, tous ne sont pas exposés également à la maladie :
d'immenses pans de la population vivent dans des espaces urbains
dénués de toute urbanité, tandis qu'une minuscule minorité peut jouir
d'un milieu de vie digne de ce nom.
Il ne faut pas croire que les nouveaux misérables sont d'abominables
barbares. Ils sont le c¦ur même de la société des consommateurs. Ils
sont la "civilisation". Mais telle que, paradoxalement, son c¦ur est
devenu un ghetto. Or ce ghetto est humilié, offensé par ce devenir.
Nous, les gens réputés cultivés, savants, artistes, philosophes,
clairvoyants et informés, il faut que nous nous rendions compte que
l'immense majorité de la société vit dans cette misère symbolique
faite d'humiliation et d'offense. Tels sont les ravages que produit la
guerre esthétique qu'est devenu le règne hégémonique du marché.
L'immense majorité de la société vit dans des zones esthétiquement
sinistrées où l'on ne peut pas vivre et s'aimer parce qu'on y est
esthétiquement aliéné.
Je connais bien ce monde : j'en viens. Et je sais qu'il est porteur
d'insoupçonnables énergies. Mais si elles sont laissées à l'abandon,
ces énergies se feront essentiellement destructrices.
Au XXe siècle, une esthétique nouvelle s'est mise en place,
fonctionnalisant la dimension affective et esthétique de l'individu
pour en faire un consommateur. Il y eut d'autres fonctionnalisations :
certaines eurent pour but d'en faire un croyant, d'autres un
admirateur du pouvoir, d'autres encore un libre-penseur explorant
l'illimité qui résonne dans son corps à la rencontre sensible du monde
et du devenir.
Il ne s'agit pas de condamner, bien loin de là, le destin industriel
et technologique de l'humanité. Il s'agit en revanche de réinventer ce
destin et, pour cela, d'acquérir une compréhension de la situation qui
a conduit au conditionnement esthétique et qui, si elle n'est pas
surmontée, conduira à la ruine de la consommation elle-même et au
dégoût généralisé. On distingue au moins deux esthétiques, celle des
psycho-physiologues, qui étudie les organes des sens, et celle de
l'histoire de l'art, des formes artéfactuelles, symboles et ¦uvres.
Alors que l'esthétique psycho-physiologique apparaît stable,
l'esthétique des artefacts ne cesse d'évoluer à travers le temps. Or
la stabilité des organes des sens est une illusion en ce qu'ils sont
soumis à un processus incessant de défonctionnalisations et
refonctionnalisations, précisément lié à l'évolution des artefacts.
L'histoire esthétique de l'humanité consiste en une série de
désajustements successifs entre trois grandes organisations qui
forment la puissance esthétique de l'homme : son corps avec son
organisation physiologique, ses organes artificiels (techniques,
objets, outils, instruments, ¦uvres d'art), et ses organisations
sociales résultant de l'articulation des artefacts et des corps.
Il faut imaginer une organologie générale qui étudierait l'histoire
conjointe de ces trois dimensions de l'esthétique humaine et des
tensions, inventions et potentiels qui en résultent.
Seule une telle approche génétique permet de comprendre l'évolution
esthétique qui conduit à la misère symbolique contemporaine - où, il
faut bien sûr l'espérer et l'affirmer, une force nouvelle doit se
cacher, aussi bien dans l'immense ouverture de possibles que portent
la science et la technologie que dans l'affect de la souffrance elle-
même.
Que s'est-il passé au XXe siècle quant à l'affect Au cours des années
1940, pour absorber une surproduction de biens dont personne n'a
besoin, l'industrie américaine met en ¦uvre des techniques de
marketing (imaginées dès les années 1930 par Edward Barnay, un neveu
de Freud) qui ne cesseront de s'intensifier durant le XXe siècle, la
plus-value de l'investissement se faisant sur les économies d'échelle
nécessitant des marchés de masse toujours plus vastes. Pour gagner ces
marchés de masse, l'industrie développe une esthétique où elle utilise
en particulier les médias audiovisuels qui vont, en fonctionnalisant
la dimension esthétique de l'individu, lui faire adopter des
comportements de consommation.
Il en résulte une misère symbolique qui est aussi une misère
libidinale et affective, et qui conduit à la perte de ce que j'appelle
le narcissisme primordial : les individus sont privés de leur capacité
d'attachement esthétique à des singularités, à des objets singuliers.
Locke comprit au XVIIe siècle que je suis singulier à travers la
singularité des objets avec lesquels je suis en relation. Je suis le
rapport à mes objets en tant qu'il est singulier. Or le rapport aux
objets industriels, qui par ailleurs se standardisent, est désormais
standardisé et catégorisé en particularismes qui constituent pour le
marketing des segments de marché tout en transformant le singulier en
particulier. Car les techniques audiovisuelles du marketing conduisent
à faire que progressivement, mon passé vécu, à travers toutes ces
images et ces sons que je vois et que j'entends, tend à devenir le
même que celui de mes voisins. Et la diversification des chaînes est
elle aussi une particularisation des cibles - raison pour laquelle
elles tendent toutes à faire la même chose.
Mon passé étant de moins en moins différent de celui des autres parce
que mon passé se constitue de plus en plus dans les images et les sons
que les médias déversent dans ma conscience, mais aussi dans les
objets et les rapports aux objets que ces images me conduisent à
consommer, il perd sa singularité, c'est-à-dire que je me perds comme
singularité.
Dès lors que je n'ai plus de singularité, je ne m'aime plus : on ne
peut s'aimer soi-même qu'à partir du savoir intime que l'on a de sa
propre singularité. Si notre singularité est détruite, notre amour de
nous-même est détruit.
Quant à l'art, il est l'expérience et le soutien de cette singularité
sensible comme invitation à l'activité symbolique, à la production et
à la rencontre de traces dans le temps collectif.
L'amour propre que rend possible la singularité de l'individu, et que,
dans la psychanalyse, on appelle le narcissisme, est la condition de
l'amour des autres. Si je ne m'aime pas moi-même, je ne peux aimer les
autres. C'est pourquoi le tueur de Nanterre, Richard Durn, est un
exemple de ce vers quoi nous allons : un exemple du genre de passages
à l'acte à quoi conduit la misère symbolique, anticipant cet autre
passage à l'acte que fut le 21 avril 2002.
Voilà en quoi la question esthétique et la question politique n'en
font qu'une.
http://www.cairn.be/resume.php?ID_REVUE=SC&ID_NUMPUBLIE=SC_005&ID_ARTICLE=SC_005_0019
( Mourir... un peu... beaucoup
Sarah Kane, 4.48 Psychose Écrire depuis la mort
Tiphaine Karsenti, Sophie Mendelsohn
Résumé de l'article
Dans 4.48 Psychose, pièce de théâtre écrite peu avant son suicide,
Sarah Kane met en scène un personnage confronté à la psychose, qui
tente d'écrire et de dire à partir de la vie une mort qui a déjà eu
lieu. Dans un parallèle avec la fonction de l'écriture pour Joyce
telle qu'elle a été analysée par Lacan, il s'agit ici de s'interroger
sur ce qu'est une écriture qui ne parvient pas à faire barrage au
suicide.
Mots-clés : , Écriture, psychose, sinthome, suicide, théâtre.
4.48 Psychosis is a play written shortly before the suicide of the
author, Sarah Kane, a young British woman. Only one character is left
here, confronted with the sufferings of psychosis, trying to write
about life invaded by death. In contrast with Joyce, whose writing was
analysed by Lacan as a way of escaping madness, the point here is to
investigate written work which does not prevent suicide.
Keywords : , Writing, psychosis, sinthome, suicide, theatre. )
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le canoe ou les enchères des mafias...sur london City
la question esthetique policière sur cnn
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le musulman en pologne en 1940.....45....G.A
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