Le monde du 4 avril 2006 secoue les createurs SS de la charte criminelle : Belhadj veut un tribunal independant ..... aie aie aie les BB tremblent deja....



Azulzul, salama, hola,...

les medias algeriens pro generau-SS eradicateurs avaient prouvé par leurs
mensonges leur partialité dans la guerre prefabriquée contre le peuple
algerien par certains generau-SS connus du monde entier mais surtout du
prochain TPI/CPI,.... alors Le Monde du 4 avril 2006 avait reussi de parler
directement avec Belhadj, le nr 2 du FIS..... que les medias d'algerie ont
peur d'approcher et d'affronter dans le respect mutuel des differences des
etres humains...

Mais il faut que ce soit une justice impartiale, honnête.
On en est loin.
Même le président Bouteflika a admis qu'elle était malade et corrompue.
Je suis également d'accord pour aller témoigner devant une commission
d'enquête internationale qui ferait la lumière sur les événements depuis
1991.
Mais que les putschistes fassent de même.

.....TPI/CPI et rien d'autre doucement mais surement.


Entretien

A Alger, le retour du "Grand Inquisiteur"
Le Monde, 4 avril 2006

Officiellement Ali Benhadj n'a pas le droit de s'exprimer dans la presse.
Cofondateur du Front islamique du salut (FIS) algérien, dont il fut le
numéro deux, celui que l'on a surnommé le"Grand Inquisiteur" ne peut plus
faire de politique. En accordant un entretien au Monde, Ali Benhadj, 49 ans,
sait qu'il risque d'être remis en prison, où il a déjà passé dix-huit ans.

Vous incarniez le FIS triomphant du début des années 1990. Vous voici libre
mais surveillé de près. Quel regard portez-vous sur le régime actuel ?
Le pouvoir est illégitime depuis le coup d'Etat de 1992. Le pluralisme
politique n'existe pas et n'a jamais existé en Algérie. Comment prétendre le
contraire, quand le choix du chef de l'Etat est décidé par les patrons de
l'armée? Si vous ne me croyez pas, je vous renvoie aux Mémoires de l'ancien
patron de l'armée, le général Khaled Nezzar, ou aux propos tenus tout
récemment par l'ex-président Ben Bella. Ce sont les militaires qui dirigent
ce pays, et la présidence de la République n'est qu'une annexe du ministère
de la défense.

On parle pourtant de réconciliation nationale. Des ordonnances qui en
définissent les modalités ont été publiées. Qu'en pensez-vous ?
Comment ose-t-on parler de réconciliation nationale alors que nous vivons
depuis quatorze ans sous le régime de l'état d'urgence ? Une réconciliation
véritable doit se négocier entre toutes les parties concernées : l'armée,
les partis, la société civile. En Algérie, elle est imposée par les
responsables du coup d'Etat [de janvier 1992] et eux seuls. Les bourreaux se
présentent comme des victimes. C'est le monde à l'envers.
Nous avons des frères qui ont été torturés en prison. Ils connaissent les
noms de leurs bourreaux. La charte leur interdit de porter plainte. Elle
nous interdit aussi de faire de la politique. Mais faire de la politique est
un droit inscrit dans la Constitution. Personne - ni le président, ni les
décideurs militaires - ne peut m'interdire de faire de la politique! Le chef
de l'Etat a prêté serment sur le Coran de respecter et de garantir la
Constitution, qu'il est le premier à violer. La charte sur la réconciliation
n'a aucune légitimité constitutionnelle.
Mais le principe de la réconciliation a été massivement approuvé par
référendum.
Les consultations sont truquées. Lors du référendum, seuls les proches du
système ont eu accès à la télévision et il n'y a pas eu de débat. C'était à
prendre ou à laisser. La charte nous a été imposée. Le pouvoir méprise et
trahit les Algériens. En 1991, le peuple a voté pour le FIS. Pourquoi les
militaires n'ont-ils pas respecté son choix ? Est-ce que le peuple qui nous
a choisis n'était pas le peuple algérien ? Etait-il mineur ou majeur ? Si
l'armée avait respecté la volonté populaire, croyez-moi, l'Algérie n'aurait
pas connu de tragédie nationale.

Depuis, l'Algérie a changé : les bachelières sont plus nombreuses que les
bacheliers, l'emploi des femmes progresse. Votre discours est-il d'actualité
?
Les changements ne nous effraient pas. Qu'on nous laisse présenter notre
projet de société, que les autres forces politiques fassent de même et
laissons le peuple choisir et décider de son avenir. C'est à lui que doit
revenir le dernier mot. Il peut un jour nous refuser et une autre fois nous
choisir. Mais s'il nous choisit, personne ne peut nous enlever ce droit par
la force.

Vous pensez qu'un scrutin honnête vous donnerait la victoire ?
J'en suis convaincu. Et si, la fois suivante, nous perdons, nous quitterons
le pouvoir sans violence.

On parle de plus de 150 000 morts en Algérie depuis 1992. Vous sentez-vous
responsable de cette tragédie ?
Si je réponds que oui, je me mens à moi-même; si je dis que non, je me place
en position défensive. Je ne me reconnais dans aucune de ces alternatives.
Je suis d'accord pour que la justice algérienne fasse la lumière sur la
tragédie algérienne et qu'elle établisse les responsabilités des uns et des
autres. Mais il faut que ce soit une justice impartiale, honnête. On en est
loin. Même le président Bouteflika a admis qu'elle était malade et
corrompue. Je suis également d'accord pour aller témoigner devant une
commission d'enquête internationale qui ferait la lumière sur les événements
depuis 1991. Mais que les putschistes fassent de même.

Quel est votre projet de société ?
Je me bats pour un Etat algérien islamique, donc gouverné selon le Livre -
le Coran -, et l'enseignement du Prophète -la Sunna - et de ses compagnons,
en conformité avec les principes du 1er novembre 1954, à la base de la lutte
pour l'indépendance. Tout se tient. Comme nous sommes un peuple musulman, il
ne peut pas y avoir de contradiction comme en Occident. Le Coran est la
référence suprême mais le peuple décide.

Vous invoquez la religion mais la société s'est laïcisée depuis quinze ans.
Ce sont les circonstances et la guerre de ces quinze dernières années qui
ont fait qu'une tranche de la population a dévié du principe de l'islam.
Elle n'en reste pas moins profondément musulmane. L'éducation et la culture
doivent aller dans ce sens.

On vient de célébrer le 10e anniversaire de l'enlèvement des moines de
Tibéhirine. Vous seriez d'accord pour que des religieux retournent au
monastère ?
(Il réfléchit). Les gens du Livre - les chrétiens et les juifs -, dans la
société musulmane, peuvent pratiquer leur religion. Mais nous sommes contre
ceux d'entre eux qui, profitant de la faiblesse des ignorants, se
transforment en combattants et viennent convertir des musulmans. Ceux-là
interviennent dans les affaires du pays. Ce sont des espions, des agents
secrets. Il y a des gens du Livre qui sont intervenus dans la crise
algérienne. Ils ont pris parti. Ils n'auraient pas dû. Dans un Etat
islamique, les juifs et les chrétiens auraient des représentants à
l'Assemblée au titre du droit des minorités pour défendre les intérêts de
leur communauté.

Une partie de l'opinion a été choquée de vous voir accueillir un ancien émir
du Groupe islamique armé (GIA), Abdelhaq Layada, à sa sortie de prison.
Layada a été incarcéré dès 1993. Il n'y avait pas eu de dépassement jusqu'à
cette époque. La suite est obscure. Je dirai simplement que le pouvoir
bafoue les droits de l'homme, et le peuple a le droit de le combattre. Dans
ce combat, il peut y avoir des dépassements. Vous en avez connu lors de la
Révolution française.

Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi (Alger, envoyé spécial)

http://www.algeria-watch.de/fr/article/pol/partis/itv_benhadj.htm


.